La capture des oiseaux est pratiquée avec des filets japonais dans lesquels se prennent les oiseaux lors de leurs déplacements diurnes à basse altitude. Entre 900 et 6000 oiseaux sont capturés à chaque saison, depuis 1995. Ce programme a permis de récolter de l’information sur plusieurs espèces de passereaux et de pics nichant dans la zone boréale. La manipulation des oiseaux révèle des informations complémentaires à celles des relevés visuels et est nécessaire pour déterminer précisément le sexe, l’âge et la sous-espèce d’oiseaux en plumage automnal. Des ectoparasites et des échantillons de plumes peuvent être prélevés pour des études écologiques, taxinomiques et toxicologiques.

La capture et le baguage des oiseaux se fait près de la Maison des Dunes, dans le parc national du Saguenay. Le site de la Baie-du-Moulin-à-baude s'avère idéale pour l’installation de filets en raison de l’alternance d’espaces dégagés et de bosquets de végétation localisés en bordure du Saint-Laurent.

Démailler des dizaines d’oiseaux capturés représente tout un défi. De nombreux bénévoles sont donc appelés afin d’assurer le bon fonctionnement de ce programme et la sécurité des oiseaux capturés. L’OOT entend opérer tous les ans, une telle station de baguage avec le concours de partenaires financiers et de bénévoles.

Vous pouvez contribuer au maintien du programme de baguage de l'Observatoire d'oiseaux de Tadoussac en faisait un don pour Le Fonds des amis de l'OOT. L'équipe de l'OOT vous remercie pour votre soutien.

 

Le programme régulier de baguage de passereaux, instauré depuis 1996 permet la capture d'une cinquantaine d'espèces en moyenne. Toutefois, une très grande proportion de ces captures (parfois plus de 75% selon les années) est représentée par moins de 10 espèces. Parallèlement, plusieurs espèces qui sont observées en grand nombre dans le cadre du programme des relevés visuels, sont peu présentes voire absentes au niveau des données de baguage. Une des familles d'oiseaux la plus sous-représentée à l'échelle du baguage proportionnellement au nombre recensé est celle des Fringillidés. D'autres espèces typiquement boréales ont aussi été très peu capturées par le passé. Pour le Quiscale rouilleux et le Mésangeai du Canada, seulement 12 et 66 individus ont été bagués avant 2007. Afin d'obtenir davantage d'informations sur ces espèces, l'OOT a mis sur pied des projets dont l'objectif était d'élaborer de nouvelles techniques de capture spécifiques.

En 2007, un projet pilote a été instauré ciblant quatre représentants de la famille des Fringillidés, soit le Durbec des sapins, le Bec-croisé bifascié, le Sizerin flammé et le Tarin des Pins ainsi que le Quiscale rouilleux, le Mésangeai du Canada et le Jaseur boréal. Il est à noter que ce projet a été rendu possible grâce à l'appui du programme Horizon Sciences qui a permis l'embauche d'un stagiaire pour l'occasion.

Entre 2001 et 2006, une attention particulière a été portée aux Pics à dos rayé et à dos noir, deux espèces peu connues, circonscrites à la forêt boréale, et reconnues comme étant d'excellents indicateurs de l'intensité des perturbations naturelles et industrielles du milieu forestier. La surveillance de la migration de ces pics existe à titre exploratoire depuis 1997. Effectué en collaboration avec le Dr Jacques Ibarzabal, professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi, et chercheur au Consortium de recherche en forêt boréale commerciale, ce programme visait à décrire les mouvements de dispersion des jeunes pics à partir de la concentration en deutérium des plumes. Le deutérium est un isotope stable de l’hydrogène, qui se retrouve de façon naturelle dans les eaux de pluie et en concentration variable selon l’endroit où l’on se trouve. Une fois déposé au sol, cet isotope entre dans la chaîne alimentaire et s’accumule dans les tissus de tous les organismes, dont les oiseaux. Étant donné que les plumes des jeunes pics se renouvellent successivement durant la dispersion, leur signature chimique varie donc géographiquement, ce qui devrait nous révéler leur parcours migratoire.

À chaque printemps depuis plusieurs décennies, des mouvements migratoires importants vers le sud-ouest sont observés en Haute Côte-Nord. Aux environs de la mi-mai, l'arrivée massive des oiseaux migrateurs néo-tropicaux (tels que les parulines) offre parfois un spectacle saisissant : des milliers d'oiseaux longeant à basse altitude le littoral du Saint-Laurent. Parfois, le débit  de la migration peut même atteindre plusieurs milliers d'individus à l'heure! Bien que la direction sud-ouest empruntée par ces oiseaux migrateurs en provenance du sud puisse paraître «inversée» de notre point de vue humain, ce phénomène de migration est observé à chaque printemps et semble faire partie du chemin migratoire normal de la côte est américaine. Profitant de conditions météorologiques favorables à plus haute altitude durant la nuit, des milliers d'oiseaux traversent le Saint-Laurent en aval de Tadoussac et «corrige» durant la matinée leur trajectoire sur la rive nord en longeant le littoral pour atteindre les lieux de nidifcations situés majoritairement en forêt boréale.

Afin d'en apprendre davatange sur ce phénomène migratoire des plus intéressants, l'OOT a entrepris depuis 2009 d'étudier plus en profondeur ces migrations printanières avec un objectif bien clair : quantifier avec précision les mouvements migratoires et obtenir des informations complémentaires sur ces migrateurs longue-distance via un programme de baguage. Nous vous invitons à venir observer ce spectacle et nous rencontrer sur les dunes de Tadoussac durant tout le mois de mai. À noter la diversité des espèces atteint son apogée à partir de la mi-mai.

 
 CAPTURES AUTOMNALES





Espèce Saison
2007

Saison
2008

Saison
2009

Épervier brun 22
7
11
Crécerelle d'Amérique 0
0
1
Faucon émerillon 1
3
0
Pic maculé 2
1
2
Pic mineur 10
4
3
Pic chevelu 4
3
45
Pic à dos rayé 0
0
2
Pic à dos noir 1
0
1
Pic flamboyant 2
0
11
Moucherolle à ventre jaune 1
0
0
Moucherolle des aulnes 2
0
0
Moucherolle tchébec 4
0
1
Moucherolle de Trail 3
1
0
Pie-grièche grise 0
0
3
Viréo à tête bleue 18
8
18
Viréo de Philadelphie 7
1
0
Viréo aux yeux rouges 12
1
2
Mésangeai du Canada 19
0
0
Geai bleu 2
2
1
Alouette hausse-col 0
31
3
Mésange à tête noire 161
11
29
Mésange à tête brune 50
116
7
Sittelle à poitrine rousse 14
1
1
Grimpereau brun 13
3
1
Troglodyte mignon 37
1
4
Roitelet à couronne dorée 20
7
17
Roitelet à couronne rubis 71
53
53
Grive fauve 1
0
0
Grive à joues grises 4
0
0
Grive à dos olive 58
3
2
Grive solitaire 19
0
3
Merle d'Amérique 3
2
8
Pipit d'Amérique 0
83
58
Jaseur boréal 14
75
86
Jaseur d'Amérique 7
4
0
Paruline obscure 6
1
1
Paruline verdâtre 3
5
0
Paruline à joues grises 28
5
13
Paruline à collier 0
1
0
Paruline jaune 11
1
0
Paruline à tête cendrée 60
24
0
Paruline bleue 10
1
1
Paruline à croupion jaune 88
18
484
Paruline à gorge noire 7
0
2
Paruline à couronne rousse 1
12
7
Paruline à poitrine baie 1
0
0
Paruline rayée 50
2
4
Paruline noir et blanc 3
0
0
Paruline flamboyante 16
5
1
Paruline couronnée 2
0
0
Paruline des ruisseaux 12
0
0
Paruline triste 1
1
0
Paruline masquée 18
5
2
Paruline à calotte noire 37
1
2
Paruline du Canada 1
0
0
Bruant hudsonien 3
0
4
Bruant familier 0
2
2
Bruant des prés 14
1
0
Bruant fauve 0
3
10
Bruant chanteur 1
0
0
Bruant de Lincoln 13
1
0
Bruant des marais 1
0
0
Bruant à gorge blanche 89
7
35
Bruant à couronne blanche 19
23
12
Junco ardoisé 135
73
252
Quiscale rouilleux 90
4
0
Quiscale bronzé 2
0
0
Durbec des sapins 216
77
111
Roselin pourpré 5
6
3
Bec-croisé bifascié 5
3
0
Sizerin flammé 54
123
18
Sizerin blanchâtre 0
2
0
Tarin des pins 169
414
305
Chardonneret jaune 8
1
1
Gros-bec errant 0
10
24

TOTAL 1761
1253
1667
Mésange à tête noire. (c) Thomas Biteau

Paruline à croupion jaune. (c) Jean-Sébastien Guénette

Roitelet à couronne rubis. (c) Thomas Biteau

Grive à dos olive. (c) Jean-Sébastien Guénette

Mésange à tête brune. (c) Thomas Biteau

Paruline à joues grises. (c) Thomas Biteau

Paruline à tête cendrée. (c) Jean-Sébastien Guénette